L’abbaye

L’abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte, située dans le département de la Manche a été fondée au Xème siècle par Néel de Néhou, vicomte de Saint-Sauveur. L’abbaye, à présent siège de la congrégation des soeurs de Sainte Marie-Madeleine Postel, est largement ouverte au public.

Abbaye de Saint Sauveur le Vicomte

Visites de l’abbaye et de son parc : de 10h à 12h et de 14h à 18h, toute l’année.
L’accès à l’église abbatiale et au parc est libre et gratuit.

Le cadre privilégié de l’abbaye bénédictine permet aux soeurs de la Congrégation d’accueillir des pèlerins et visiteurs de tous âges, dans le calme, la sérénité, le repos, la méditation et la prière.
Un hébergement est également possible pour ceux qui en font la demande.
Des Visites guidées sont proposées aux groupes toute l’année sur réservation, ainsi que la projection de l’audiovisuel « Trois visages pour une âme ».
Les dimanches et jours de fêtes, la messe est célébrée à l’abbatiale à 9h30 ainsi que tous les jours des mois de juillet et août.

En savoir plus : se rendre sur le site de la Congrégation Sainte Marie-Madeleine Postel 

Histoire de l’abbaye
1 – Jusqu’à la Révolution

L’abbaye fut construite à partir de 1071 par les moines de l’abbaye de Jumièges. Le vicomte de Néhou souhaitant remplacer le collège de clercs séculiers qui officiaient dans la chapelle de son château. Aux environs de 1180, le premier moulin à vent y a été installé. De cette époque, l’église abbatiale garde encore un mur latéral (mur sud) qui présente des arcades en plein cintre, surmontées d’un triforium. D’autres éléments peuvent encore se voir dans le transept nord. La consécration de l’abbatiale eut lieu « dans les premières années de la seconde moitié du XIIe siècle » par l’évêque Algare. Toutefois, elle n’était pas encore terminée en 1198, lors du mariage de la fille de Raoul Tesson, Mathilde Tesson, avec Richard d’Harcourt. La construction de l’abbatiale dura plus de trente ans et fut l’œuvre de trois familles: les Saint-Sauveur, La Roche-Tesson et les d’Harcourt.

Lors de la Guerre de Cent Ans, Geoffroy d’Harcourt ayant dû céder son château aux Anglais, le commandant des troupes anglaises, Jean Chandos, fit raser le chœur de l’abbatiale, obligeant les moines à s’exiler. Les moines se sont réfugiés à Cherbourg puis dans leurs possessions de Jersey. En 1375, Jean de Vienne y installe des canons pour le siège de la forteresse. Ces derniers durent attendre 1422 pour revenir. Les travaux de restauration sont entrepris après la bataille de Formigny et l’expulsion des anglais, avec l’élection en 1451 de l’abbé Jean Caillot1. Le chœur, arasé, a dû être reconstruit au xve siècle.

Mais une partie des bâtiments conventuels disparut, à cause du régime de la commende qui empêchait d’avoir les moyens d’en assurer un entretien suffisant.

Jacques Le Febvre du Quesnoy, évêque de Coutances et abbé de Saint-Sauveur, meurt à l’abbaye et est inhumé dans le chœur de l’abbatiale.

Un décret interdit les vœux monastiques le 13 février 1790, le 14 septembre suivant, c’est au tour du port de l’habit religieux. L’abbaye fut vendue comme bien national à la Révolution le 4 juin 1791. Le bailli Louis Hector Amédée Ango, grand-père de Barbey d’Aurevilly, pensait sauvegarder l’abbatiale en y transférant le service paroissial, mais il rencontra l’opposition du curé constitutionnel Nigault de Lecange1. L’église est achetée pour 8 525 livres le 23 mai 1793 par Desmares, Marie Thion et Deshayes. Elle servit de carrière de pierres par intermittences, les matériaux se vendant difficilement et à bas prix.

2 – Au XIXème siècle

Gerville note qu’en 1825 « la démolition des bâtiments est avancée ». En 1831, la démolition continue comme le mentionne l’antiquaire anglais Gally-Knight. C’est en 1832 que Mère Marie-Madeleine Postel put acheter les ruines de l’abbaye dont elle voulait faire la maison mère de la congrégation qu’elle venait de fonder à Cherbourg. Il ne subsistait alors que deux petites maisons basses, à gauche de l’église, ainsi que le porche d’entrée et la partie basse du bâtiment qui servit longtemps de cellier et de remise.

L’église abbatiale est classée monument historique sur la première liste de Prosper Mérimée en 1840 et deux ans plus tard, en 1842, le clocher reconstruit s’effondra, à la suite d’une violente tempête, sur le transept et les premières travées du chœur. Pas découragée, Mère Marie-Madeleine Postel, malgré son grand âge, entreprit de reconstruire la totalité de l’édifice en confiant les travaux à François Halley, architecte et sculpteur local. Afin de financer ces travaux, elle envoya la sœur Placide Viel demander des subsides jusqu’auprès de la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe Ier, roi des Français.

La chapelle des reliques : Sa reconstruction sera achevée en 1855, neuf ans après la mort de son instigatrice. Dans le transept nord, ses reliques sont conservées, et dans la même chapelle se trouvent les reliques de la bienheureuse Placide Viel et celles de la bienheureuse Marthe Le Bouteiller. Le tombeau de sainte Marie-Madeleine Postel est une œuvre de François Halley.

3 – Après la seconde guerre mondiale

Durant les combats de la Libération, en juin 1944, l’abbaye est bombardée et incendiée. Sa restauration est assurée par les Services de la reconstruction et des monuments historiques, sous la direction de Yves-Marie Froidevaux. Les façades et toitures des bâtiments conventuels sont inscrits monuments historiques le 29 novembre 1954. La chaire, œuvre inachevée de Halley est alors déplacée. Elle se trouve actuellement au bas de la nef latérale nord, à gauche en entrant.

Dans le chœur, on peut voir un autel sculpté du xve siècle illustrant des scènes de l’enfance de Jésus. Les vitraux qui ornent le chœur, l’abside, le transept et les verrières de la façade sont l’œuvre d’Adeline Bony-Hébert-Stevens.

Une petite maison, appelée la Gloriette conserve les souvenirs de sainte Marie-Madeleine Postel, à l’endroit où se trouvait la bibliothèque du temps des moines bénédictins, et où la sainte vécut entre 1832 et 1846.

Source : Wikipédia